L'ostéoporose fragilise silencieusement les os pendant des années avant qu'une fracture révèle son existence. Chez les aînés, une fracture de la hanche est l'une des complications médicales les plus graves : elle entraîne une hospitalisation, souvent une chirurgie, une longue réadaptation — et pour une personne sur quatre, une perte permanente d'autonomie. Pourtant, l'ostéoporose est largement évitable et traitable.
Qu'est-ce que l'ostéoporose et pourquoi est-elle si dangereuse chez les aînés ?
L'ostéoporose est une maladie caractérisée par une diminution de la densité osseuse qui rend les os poreux, fragiles et susceptibles de se fracturer. Elle progresse sans symptôme pendant des années — on l'appelle la « maladie silencieuse ».
La première fracture révèle souvent la maladie. Et chez les aînés, les fractures les plus graves sont :
- La fracture de la hanche : la plus crainte — 20 à 25 % des personnes âgées qui fracturent la hanche décèdent dans l'année suivante, en grande partie à cause des complications liées à l'immobilisation et à la chirurgie
- Les fractures vertébrales : souvent indolores au moment de la fracture, elles peuvent provoquer une perte de taille progressive et des douleurs chroniques
- La fracture du poignet : plus fréquente chez les femmes ménopausées; signe d'alerte d'une ostéoporose sous-jacente
Qui est à risque ?
- Femmes ménopausées (la chute des œstrogènes accélère la perte osseuse)
- Hommes de plus de 70 ans
- Personnes avec antécédents familiaux d'ostéoporose
- Personnes prenant des corticostéroïdes à long terme
- Faible poids corporel, tabagisme, consommation excessive d'alcool
- Maladies chroniques : polyarthrite rhumatoïde, maladies inflammatoires de l'intestin, maladies thyroïdiennes
Comment diagnostique-t-on l'ostéoporose au Québec ?
Le diagnostic repose sur la densitométrie osseuse (DEXA), un examen d'imagerie qui mesure la densité minérale osseuse au niveau de la hanche et de la colonne lombaire. C'est un examen indolore, rapide (15-20 minutes) et disponible dans la plupart des hôpitaux et centres d'imagerie au Québec.
Qui devrait passer une DEXA ? La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre la densitométrie dans plusieurs situations :
- Toutes les femmes de 65 ans et plus
- Hommes de 70 ans et plus
- Toute personne ayant subi une fracture après 50 ans avec traumatisme minimal
- Personnes sous corticostéroïdes à long terme
Le score T :
- T-score ≥ -1.0 : densité osseuse normale
- T-score entre -1.0 et -2.5 : ostéopénie (fragilité pré-ostéoporotique)
- T-score ≤ -2.5 : ostéoporose
Une personne de 70 ans avec un T-score de -2.5 et un antécédent de fracture doit absolument être traitée — le risque de fracture ultérieure est très élevé sans traitement.
Quels sont les traitements de l'ostéoporose ?
Calcium et vitamine D — la base :
- Calcium : 1200 mg par jour pour les femmes de plus de 50 ans (alimentation + suppléments si nécessaire). Sources alimentaires : produits laitiers, sardines, amandes, légumes verts.
- Vitamine D : 800-2000 UI par jour. Au Québec, l'ensoleillement hivernal est insuffisant pour synthétiser la vitamine D — la quasi-totalité des aînés sont déficients sans supplément.
Médicaments : Les bisphosphonates (alendronate, risédronate, acide zolédronique) sont les médicaments les plus prescrits — ils ralentissent la dégradation osseuse et réduisent le risque de fracture de 40 à 70 %. D'autres options existent : dénosumab (injection sous-cutanée), romosozumab, tériparatide.
Le choix du médicament dépend de la sévérité de l'ostéoporose, des comorbidités et des préférences de la personne. Une consultation en médecine interne ou en rhumatologie peut être demandée pour les cas complexes.
L'exercice : Les exercices de mise en charge (marche, tai-chi, yoga debout) stimulent la formation osseuse et améliorent l'équilibre — deux actions complémentaires pour réduire le risque de fracture.
Que se passe-t-il après une fracture de la hanche ?
La fracture de la hanche nécessite dans la grande majorité des cas une chirurgie : soit une fixation interne (vis, plaques), soit une arthroplastie partielle ou totale de la hanche (remplacement prothétique).
Le parcours typique :
- Hospitalisation (5-10 jours en moyenne) : chirurgie dans les 24-48 heures si possible, mobilisation précoce dès le lendemain de l'opération
- Centre de réadaptation (2-6 semaines) : si la personne ne peut pas retourner directement à domicile — programme intensif de physiothérapie
- Retour à domicile avec services de physiothérapie du CLSC ou en privé, aide à domicile pour les AVQ
Ce qui détermine la récupération :
- L'état fonctionnel avant la fracture (une personne très active récupère mieux)
- La rapidité de la chirurgie (chaque heure de délai augmente le risque de complications)
- La présence ou non de démence (complique beaucoup la réadaptation)
- La motivation et l'engagement en réadaptation
- Le soutien de la famille
Comment prévenir une rechute après une fracture ?
Après une première fracture de la hanche, le risque de fracture controlatérale (l'autre hanche) est très élevé. La prévention secondaire est donc prioritaire.
Programme OPTIM-OS (Québec) : Plusieurs centres hospitaliers québécois ont mis en place des programmes de liaison fracture (Fracture Liaison Service — FLS) qui assurent que toute personne hospitalisée pour une fracture de fragilisation soit évaluée et traitée pour l'ostéoporose sous-jacente. Renseignez-vous auprès de l'équipe médicale.
Actions concrètes :
- Débuter ou optimiser le traitement de l'ostéoporose (médicaments, calcium, vitamine D)
- Programme de prévention des chutes : physiothérapie, bilan de l'environnement domiciliaire, révision des médicaments à risque de chutes
- Protecteurs de hanche (coussinets portés autour de la hanche) — controversés mais peuvent être utiles pour les personnes à très haut risque de chute
Quel rôle joue la famille dans la récupération ?
La récupération après une fracture de la hanche est longue et exigeante. Le soutien de la famille est un facteur pronostique documenté.
Ce que la famille peut faire :
- Être présente lors des rendez-vous médicaux et noter les recommandations de l'équipe de réadaptation
- Adapter le domicile avant le retour : lit à hauteur adéquate, chaise de douche, barres d'appui, tapis retirés, espace dégagé
- Encourager les exercices prescrits (la personne peut être tentée de les éviter par peur)
- Surveiller les signes de dépression post-fracture — très fréquente et sous-diagnostiquée
- Contacter le CLSC dès la sortie d'hôpital pour planifier les services à domicile
Point critique : si votre proche retourne directement à domicile (sans passage en réadaptation), les premières semaines sont les plus risquées. Assurez-vous qu'un suivi médical et de physiothérapie est planifié avant la sortie, pas après.
Cercle permet de documenter l'évolution de la récupération — exercices effectués, mobilité, douleur, humeur — et de partager ces observations avec tous les membres de la famille et l'équipe médicale. Créez votre cercle de soins gratuitement.
En résumé
L'ostéoporose est traitable et les fractures sont en grande partie évitables. Mais cela demande une action proactive avant la première fracture.
À retenir :
- La densitométrie osseuse (DEXA) est le seul moyen de diagnostiquer l'ostéoporose avant la fracture — demandez-la dès 65 ans (femmes) et 70 ans (hommes)
- Calcium (1200 mg/j) et vitamine D (800-2000 UI/j) sont la base du traitement pour tous les aînés
- Les médicaments anti-ostéoporotiques réduisent le risque de fracture de 40 à 70 % — à discuter avec le médecin si la DEXA est anormale
- Après une fracture de hanche, le traitement de l'ostéoporose sous-jacente doit impérativement être initié
- La récupération après fracture dépend largement de la qualité de la réadaptation et du soutien familial
Pour aller plus loin, consultez notre guide complet du proche aidant au Québec, notre guide sur la prévention des chutes à domicile ainsi que notre guide sur le retour à domicile après une hospitalisation.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de la santé qualifié pour vos décisions médicales. En cas d'urgence, composez le 911. Pour des questions de santé, appelez Info-Santé au 811.
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